Accueil > Fac-similé > La copie, le fac-similé & la restauration virtuelle

La copie, le fac-similé & la restauration virtuelle

Qu’est-ce qu’un fac-similé ?

Un fac-similé, du latin "faire-pareil", est la reproduction à l’identique d’un objet. On trouve aujourd’hui divers systèmes de reproductions plus ou moins fidèles à l’original. En ce qui nous concerne, le fac-similé est une réplique aussi fidèle que possible de l’original avec des matériaux et techniques propres à l’époque concernée. Nous incluons dans l’aspect technique, autant que faire se peut, le style de l’artiste, sa main.

S’agit-il d’un faux ?

Nous reproduisons un objet tel qu’il a pu être à son origine, et non pas tel qu’il est aujourd’hui, nous ne patinons pas volontairement nos copies. De plus, les objets ainsi réalisé sont clairement identifiés comme n’étant pas des œuvres originales. Enfin, malgré toute l’attention que nous pouvons porter à nos réalisations, il existe toujours des divergences, stylistiques bien entendu, mais matérielles essentiellement. Il est en effet très facile à un expert ou à un laboratoire de distinguer un support ancien d’un support neuf, ou un médium vieux de 500 ans d’un médium fraîchement exécuté. Nous incluons généralement dans nos travaux un signe distinctif aisément identifiable.

Exemple de fac-similé

Quel est son intérêt ?

Notre but est la compréhension des mécanismes d’évolution et d’altération d’une œuvre en fonction des procédés à la base de son exécution, ainsi qu’une meilleur compréhension des techniques artistiques propres à un auteur. Les fac-similés sont destinés aux restaurateurs et aux historiens désireux d’étudier un domaine particulier. Le fac-similé peut également être le seul et unique moyen de présenter une œuvre au public, et de conserver l’original. En effet, nombres d’œuvres sont inaccessibles de par leur trop haut degré de détérioration, ou du fait de la fragilité inhérente de ces composés ( les colorants notamment dans les peintures de manuscrits). D’autres peuvent être inaccessibles du fait de contraintes imposées par les différentes modifications qu’elles ont pu subir Par exemple, certaines peinture se trouvent au revers d’une autre œuvre, on doit alors décidé de mettre en avant l’une ou l’autre. Un autre exemple est celui du cas ou une œuvre est, en partie ou intégralement, couverte par une seconde peinture.

Comment est réalisé un fac-similé ?

D’abord, le choix du support. Nous tachons d’être au plus proche de l’original, cependant c’est dans cette partie de la réalisation que les différences d’avec l’original demeure les plus marquées. Il est quasi impossible de retrouver le bois ou la toile identique, nous nous rabattons parfois sur des matériaux de substitutions. Si l’étude porte cependant sur l’altération des supports, nos efforts iront bien entendu vers le choix de celui-ci !
Ensuite nous menons une enquête sur les matériaux employés par l’artiste en question. Il y a ici plusieurs degrés de précisions :

- une analyse détaillée des matériaux employés a été réalisée ;
- l’environnement matériel de l’artiste peut être défini ;
- une description des matériaux et de leur préparation a été écrite par l’artiste ou par l’un de ses contemporain ;
- des découvertes, ou des textes, en marge de l’artiste en question, mais suffisamment proches de lui, nous renseignent sur les matériaux et techniques employés à son époque et dans sa région...

Nous mettons donc en œuvre les procédés définis et recréons ainsi la palette de matériaux dont nous aurons besoin.
Nous menons alors une inspection de l’œuvre elle-même. Ceci n’est pas une démarche scientifique, mais là interviennent nos connaissance d’artisans. Il s’agit de mettre à exécution les matériaux de façon à reproduire l’aspect de l’original.
Parfois, des photographies, aux rayons X ou autre, peuvent nous être utiles.
Enfin, nous relevons les parties qui nous semblent intéressantes du point de vue de la requête de départ. Ainsi, pour exemple, certaines stratigraphies ne peuvent expliquer la présence d’un élément à un endroit donné...cela peut être s’explique par le fait que l’artiste " essuyait " son pinceau à cet endroit, tout comme il semble naturel de le faire !

Bien entendu, ces méthodes comportent des éléments intuitifs et peu scientifiques, mais nous pensons que, dans ce domaine, l’artisan peut tout aussi bien que le chercheur pur apporter un élément de compréhension supplémentaire à une œuvre.