Accueil > Peinture et enluminure > Les techniques > Marcel Ruijters et l’enluminure médiévale

Marcel Ruijters et l’enluminure médiévale

Comme illustration du livre, en tant que peinture narrative, l’enluminure médiévale est souvent affiliée avec raison à l’art de la bande-dessinée. Cette comparaison s’arrête souvent au fait que l’enluminure ne répond pas encore aux caractéristiques de la bande-dessinée comme définies par les travaux d’auteurs comme Hergé ou Franquin : des cases, des séquences, un dialogue encadré par des bulles... Cependant, la bande-dessinée est depuis au moins une trentaine d’année, si ce n’est plus, utilisée sous d’autres formes, moins connues du grand public car généralement assimilée au graphisme pur ou à l’art contemporain. Si on a l’esprit ouvert on peut alors découvrir tout un monde illustratif, narratif, qui s’affranchit des modèles usuels et crée des livres illustrées qui, finalement, s’apparentent davantage à l’enluminure que la bande-dessinée.

Marcel Ruijters est l’un de ces artistes. Cet auteur hollandais, fasciné par le monde médiéval, crée des histoires en dessinant ce qui pourrait être des images de tradition médiévale, si la continuité n’avait pas été brisée depuis plusieurs siècles. Ses livres le montrent bien :

- Bestiarum, édité par les éditions Le dernier cri, est un bestiaire imaginaire et bigarré ;
- Inferno, publié par Oog en Blik (Pays-bas), est une mise en scène des Enfers de Dante ;
- Sine qua non, édité par L’an 2, réuni plusieurs histoires dont des nonnes sont les héroïnes.

(Le site de Marcel Ruijters).

En dehors du dessin, Marcel Ruijters utilise aussi souvent le latin sous la forme d’insertions iconiques, jouant sur la notion de bulle ou phylactère. Il utilise des techniques proche de la gravure comme la carte à gratter.

En somme, Marcel Ruijters est presque un enlumineur ! Mais, puisque la technique médiévale reste une technique très peu connue et que nous aimons beaucoup son travail, nous lui avons proposé de réaliser un travail de colorisation artisanale, en parallèle à son travail numérique. Un projet très proche de celui du coloriste médiéval donc, mais sur une base contemporaine.

Voici ce que cela donne :

Le travail des couleurs (sur papier) :

Celui-ci, en cours de travail (sur parchemin) :